La mémoire du Futur

Mais qu’est-ce qu’il raconte ? A y est, soit il a pété un boulon, soit il n’a pas résisté à faire un oxymore.

Bien.

Pour le premier point, je laisse le soin aux spécialistes de la psyché les conclusions de mon état mental. Pour le second, partager cet oxymore était difficilement résistible. Il est beau et très bien trouvé. Et rendons le à celui qui l’a inventé.

On doit cette expression à David INGVAR, neurologue. En 1985, INGVAR publie l’article « Memory of the future »(1). On notera que l’oxymore marche aussi en anglais. Dans le cadre de ses recherches sur la narration, ce neurologue met à jour le rôle d’une région du cerveau, le cortex préfrontal, dans sa capacité de planifier. Les recherches de David INGVAR montrent que les dommages dans cette partie du cerveau entrainent pour le sujet une incapacité à prévoir son comportement futur. A l’inverse, chaque fois que nous nous projetons dans le futur, nous l’activons.

Si l’on en faisait l’expérience ?

Imaginons que nous nous intéressons à un sport nouveau pour nous… Vous l’avez ? … Ok. Notre esprit n’était pas tourné vers cette pratique sportive jusqu’à maintenant.… Et nous constatons que dans notre environnement, il y a des magazines sur le sujet, des pubs, des proches qui en parlent, des éléments qui nous étaient jusqu’à lors parfaitement inconnus, ou plutôt dont nous n’avions que faire, sur ce sujet… Notre attention est désormais attirée par cette thématique nouvelle et nous construisons une « mémoire de l’avenir », axée en l’occurrence sur les pratiques futurs de ce sport. Cela va nous permettre de conserver les informations sur ce sujet.

Pour David INGVAR, cette activité est importante car dans la multiplicité d’informations que reçoit notre cerveau à chaque instant, nous conservons celles qui peuvent entrer en correspondance avec nos mémoires futures.

Préparer le futur, nous le faisons tous les jours. En ouvrant notre agenda pour caler un rendez-vous, nous mettons en marche notre capacité de prévision. Nous activons notre capacité d’abstraction, simulons mentalement ce qu’il va se jouer, se passer… les processus sont multiples et, lorsqu’on s’intéresse de plus prêt à ce sujet, on s’aperçoit que l’on passe du temps chaque jour à préparer le futur, anticiper des évènements, percevoir d’ores et déjà le plaisir de retrouvailles familiales ou amicale par exemple, ou apprécier d’avance la saveur de notre plat préféré que nous dégusterons dans quelques jours… – « Ah, la joie du fromage fondu » est justement une pensée – liée à une émotion – qui me traverse à l’instant.

Et de lire dans un article d’Arnaud D’ARGEMBEAU, chercheur à l’université de Liège « Cette capacité de simuler mentalement l’avenir ou « pensée future épisodique » nous permet de prendre des décisions adaptées et de planifier nos activités afin de favoriser l’atteinte de nos buts personnels. » (2) – Celle ou celui qui dit que le fromage fondu est l’un de mes objectifs personnels a gagné.

En Sophrologie Caycédienne, nous utilisons des techniques dites « de futurisation ». Autrement dit, nous nous laissons imaginer une situation future, avec détails, la façon dont nous souhaiterions être, le moment… Que l’on ne se trompe pas, il ne s’agit pas de rêveries, mais de simuler le futur possible, de nous imaginer dans ce futur possible. Les méthodes et approches sont multiples et adaptées à chaque objectif fixé. Prévisualiser le futur slalom pour un skieur, ressentir, pré-sentir, les sensations de glisse… pour favoriser le gain de quelques centièmes de seconde… Prévisualiser son accouchement pour une femme enceinte, imaginer les contractions… pour s’entrainer à les gérer…  Prévisualiser une décision pour un chef d’entreprise, peser le pour et le contre, en évaluer le dilemme… pour prendre du recul.

Ainsi, nous renforçons et entrainons notre capacité d’anticipation.

Christophe
Encapaciter , Développez Vos Potentiels !

  1. INGVAR, D. H. « Memory of the future »: an essay on the temporal organization of conscious awareness. Human Neurobiology. 1985.
  2. D’ARGEMBEAU Arnaud, « La pensée future épisodique : entre simulation et contexte autobiographique » Revue de neuropsychologie 2016/1.

crédit image : Photo by meo from Pexels

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